Connaissez-vous le tourisme régénératif ?

Le tourisme est un secteur en pleine ébullition. Du moins, c’était le cas avant mars 2020 et le confinement généralisé de la planète. Mais ce sera aussi probablement le cas après. Après le vaccin, après la pandémie et après que l’économie mondiale se sera relancée. Pour autant, doit-on imaginer le tourisme d’après comme le tourisme d’avant ? Pas forcément. C’est même l’occasion pour les professionnels du tourisme d’anticiper et d’imaginer une nouvelle vision. Parmi les leviers à leur disposition, une nouvelle tendance du tourisme vert se fait de plus en plus connaître : le tourisme régénératif.

Un tourisme qui étouffait et des sites en danger

Dans notre blog, nous avons déjà parlé à plusieurs reprises des dangers du sur-tourisme et des nouvelles tendances qui se dessinent autour d’un tourisme plus local, moins polluant et plus intelligent. Jusqu’à présent, cette démarche balbutiante avait fort à faire face à un tourisme de masse, globalisé, dont l’appétit semblait sans limite. Il faut dire que le secteur du tourisme a connu une croissance plus rapide que le PIB mondial au cours des neuf dernières années. Alors qu’il représentait 10 % des emplois dans le monde, le secteur est sur le point de perdre 121 millions d’emplois selon le World Travel & Tourism Council.

Chaque crise donne néanmoins l’occasion de se réinventer. De reconsidérer les pratiques du passé pour mieux construire l’avenir. Le tourisme vert se développe déjà depuis plusieurs années. On parle alors de tourisme durable, local, doux et de ses multiples variantes. Mais aujourd’hui, certains professionnels vont encore loin pour promouvoir le tourisme régénératif.

Laisser un lieu dans un meilleur état que celui dans lequel vous l’avez trouvé

Ce mantra, c’est celui du tourisme régénératif. Le but est de s’inspirer de l’agriculture régénératrice qui vise à restaurer les sols épuisés par une monoculture intensive. Avec le tourisme régénératif, on vise à créer un tourisme durable qui doit limiter les impacts environnementaux et ralentir la dégradation des écosystèmes. La coalition Future of Tourism en énonce plusieurs grands principes :

  • Avoir une vision d’ensemble : prendre en compte la destination et pas seulement les entreprises du secteur touristique. Veiller au respect des écosystèmes, des ressources naturelles, de la culture et des traditions, des communautés ainsi que de l’esthétique et des infrastructures déjà en place.
  • Collaborer de manière pluridisciplinaire : organiser le développement du tourisme en incluant une participation égale de la gouvernance locale, du secteur privé et des organisations de la société civile représentant la diversité des communautés.
  • Exiger une répartition équitable des revenus : mettre en place des politiques qui luttent contre les inégalités touristiques pour un juste équilibre des revenus touristiques dans les collectivités locales.
  • Réduire le fardeau du tourisme : prendre en compte les coûts liés au tourisme, à la fiscalité locale, les problématiques environnementales et sociales, ainsi que les perturbations objectivement vérifiables.
  • Maîtriser l’utilisation des terres par le tourisme : limiter le tourisme de villégiature à forte occupation dans les zones concentrées. Décourager l’étalement des complexes touristiques sur les côtes, les îles, et les zones montagneuses, afin de préserver le caractère géographique, une économie diversifiée, l’accès local et les écosystèmes.
  • Diversifier les marchés : encourager le tourisme local, qui est plus résistant face aux crises et contribue à augmenter la valeur perçue du patrimoine naturel et culturel régional.

Comment développer le tourisme régénératif

La première chose à faire est de lutter à tout prix contre le sur-tourisme. C’est une menace qui plane sur les destinations les plus touristiques, comme Barcelone, Venise ou Dubrovnik en Europe. Cela signifie des lois et régulations plus importantes, tout en accompagnant les acteurs du secteur touristique à se réinventer. Pendant longtemps, le succès du tourisme a été défini par l’augmentation du nombre de visiteurs. Or, cette course sans fin a des conséquences désastreuses sur l’environnement, mais également sur l’expérience des touristes. Comment profiter de la Joconde, quand plusieurs centaines de personnes sont collées les unes aux autres devant le tableau ? Comment être inspiré par les vieilles pierres de Venise, quand la foule omniprésente interdit toute déambulation dans le calme ?

Pour développer le tourisme régénératif, il est indispensable de déterminer ce qui rend un endroit meilleur. Est-ce moins de monde ? Une meilleure répartition de la foule ? Des moyens de transport plus respectueux de l’environnement ? Une prise de conscience des touristes ? Une compensation carbone obligatoire ? Un équilibre à trouver entre grandes chaînes internationales et indépendants locaux ? Dans tous les cas, l’implication locale est indispensable pour créer une économie touristique qui ait du sens. Qui construit, plutôt qu’elle ne détruit. Cela signifie une mise en relation des visiteurs avec les habitants et acteurs locaux. C’est notamment ce que font les organisations Regenerative Travel et OneSeed Expeditions. Le but n’est pas de consommer le tourisme, mais bien de le vivre et de régénérer ces terres par des expériences uniques intégrées dans le voyage.

Le Sars-Cov-2 a fait des dégâts, c’est certain. Mais en même temps, il ouvre de nouvelles opportunités pour rééquilibrer le monde du tourisme. Pour inventer quelque chose de nouveau, qui améliore l’expérience touristique, tout en respectant l’environnement. Pour cela, nous avons plus que jamais besoin de jeunes diplômés en management du tourisme capables de faire la différence, d’affirmer ses convictions et de contribuer à changer le monde. Et si c’était vous ?

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