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À l’image de Mark Zuckerberg pour Facebook, Brian Chesky, PDG et fondateur d’Airbnb, a fait fortune à partir d’une idée toute simple : proposer une plateforme où il est possible de louer pour une courte durée une chambre, un appartement, une maison, voire même une île privée, directement à des particuliers. Outre des prix bien moins élevés que ceux pratiqués par les hôtels et le fait de pouvoir se loger dans un environnement typique du pays visité, depuis 2008, Airbnb a permis aux touristes d’économiser sur leur hébergement, et aux logeurs de se faire un peu d’argent. Et ce modèle gagnant-gagnant a rapidement conquis la planète ! 

Mais depuis quelques années, la crise du logement a soulevé la controverse contre la startup et tout particulièrement dans les grandes villes touristiques. La « guerre » menée par la mairie de Paris en est un exemple parmi d’autres. Et pour asseoir la crise d’identité d’Airbnb, la pandémie de coronavirus a entraîné un « coronaKrash » dans le tourisme international, obligeant l’entreprise californienne à licencier près de 2 000 personnes en mai 2020. Dans ce monde incertain, comment peut se positionner Airbnb ?

Une idée géniale et un succès fulgurant

En 2007, Brian Chesky, alors designer à la tête de sa petite agence, et son colocataire, Joe Gebbia, sans emploi, sont peu fortunés et se retrouvent face à un problème de paiement de loyer. Pour garder leur logement, ils décident de profiter d’une grande conférence organisée à San Francisco, pour proposer « un coin de canapé » aux participants n’ayant pas trouvé de chambre d’hôtel.

En 48 heures, ils montent un site Internet très sommaire, baptisé Airbedandbreakfast.com et réussissent à récolter l’argent nécessaire pour résoudre leur problème de loyer. L’idée est née… la solution plait… Il n’y a plus qu’à la faire germer ! Brian Chesky contacte alors son ancien colocataire, Nathan Blecharczyk, diplômé de Harvard, et spécialiste de l’UI et du webdesign. La structure se met en place : Brian s’occupe de la stratégie financière, Nathan de la technologie et Joe du design. 

Mais une fois le site finalisé, il faut trouver des fonds pour la communication et c’est encore une grande manifestation qui va leur apporter la solution financière. Ils profitent d’une convention démocrate à Denver, pour vendre des boîtes de céréales à l’effigie d’Obama ou de McCain et récoltent 30 000 dollars. Cette réussite interpelle Paul Graham, patron d’Y Combinator et incubateur star de la Silicon Valley. Résultat, en seulement 4 ans la jeune startup va lever 120 millions de dollars auprès des plus grands investisseurs et ajuster son nom. Airbnb décolle ! 

La résistance des grandes métropoles

Mais face à la propagation fulgurante de ces logements touristiques, et tout particulièrement dans les grandes villes, Airbnb va se retrouver face à une opposition de taille. Des villes comme New York, Madrid, Berlin et San Francisco vont commencer à leur imposer des règles dans le but de cadrer les activités de la startup et de récupérer une part du gâteau. Appliquant les mêmes mesures que pour les services hôteliers, ces métropoles mettent en place des droits d’enregistrement, l’obligation de payer la taxe de séjour et de prendre une assurance. Soutenue par la Commission européenne, la ville de Paris est actuellement en train de mettre en place les mêmes directives. Mais si Airbnb consent à participer à l’effort économique touristique en collaborant avec les gouvernements à ce sujet, le concept va se retrouver face à un problème bien plus difficile à négocier.

La location saisonnière face au COVID-19

La crise sanitaire et économique qui découle de la pandémie de coronavirus touche de plein fouet le secteur du tourisme. Et, en tant que leader du marché de la location saisonnière entre particuliers, Airbnb est doublement impacté. 

En effet, au-delà de l’impossibilité de voyager à l’étranger, les directives sanitaires incitent les touristes à préférer les hôtels aux hébergements loués par des particuliers. Les chambres, soumises à des protocoles de nettoyage obligatoires, rassurent bien plus les locataires en cette période de crise. 

De plus, si l’industrie hôtelière a les reins solides de par sa longue existence, Airbnb est bien plus fragile, car le concept s’appuie majoritairement sur des logements particuliers. Et, si certains ont profité de la notoriété du concept pour investir dans l’achat d’un bien à destination de la location saisonnière, l’arrêt quasi total de l’activité cette année, les incite aujourd’hui à vendre ou à louer sur du long terme. 

Conscient que la baisse du tourisme, notamment international, et des voyages d’affaires se prolongera sur les années à venir, Airbnb a déjà commencé à revoir son organisation. Mais après avoir licencié un quart de ses effectifs, la société va surtout devoir se repositionner sur son cœur de métier : le tourisme local. Avec la fermeture inéluctable de certains établissements hôteliers perdus dans un trop grand marché et une importante baisse de la fréquentation, Airbnb a encore la possibilité de se relever. 

Mais la société va devoir prouver sa capacité à préserver l’image attractive qu’elle a su créer de l’hébergement entre particuliers.

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