Le tourisme de l’extreme : un tourisme, pas comme les autres

Le tourisme de l’extrême : un tourisme, pas comme les autres

Soleil, sable fin et mer turquoise… le paradis ? Pour la majorité des touristes, peut-être. Mais pour d’autres, ce serait plutôt un cauchemar. C’est notamment le cas pour les touristes-aventuriers qui préfèrent s’aventurer en dehors des sentiers balisés pour vivre des expériences uniques.

Marché de niche encore confidentiel, le tourisme de l’extrême se développe de plus en plus en réaction au mode de vie occidental, à un ennui profond et à un tourisme stéréotypé et normé, incarné notamment par les réseaux sociaux.

Le tourisme de l’extrême n’a pas vraiment de définition, car il est très protéiforme, et par nature, en marge des normes de consommations habituelles. C’est la raison pour laquelle on parle aussi de dark tourism. On peut y croiser, entre autres, les adeptes du tourisme sexuel, ceux qui visitent les lignes de front dans les conflits armés et les adeptes des retraites spirituelles chamaniques. C’est à chaque fois un équilibre très fragile sur les plans de moralité, de la légalité et de l’acceptation sociale. Plongée en eaux troubles dans un tourisme très loin des paillettes et des lumières.

Ambiance post-apocalyptique nucléaire

C’est un tourisme extrême qui attire notamment les curieux et les survivalistes qui souhaitent découvrir des sites naturels ou industriels où se sont produits des événements en lien avec l’histoire nucléaire de notre monde.

La destination la plus courue est celle de Tchernobyl. Une agence de voyages basée à Kiev propose ainsi pour plusieurs centaines d’euros de visiter la ville fantôme de Pripiat et d’approcher du réacteur de la célèbre centrale nucléaire. Équipés en permanence d’un compteur mesurant le taux de radioactivité, les touristes se fraient un passage dans les décombres d’un environnement figé dans le temps au mépris de toutes les recommandations officielles.

Dans un style un peu différent, le Nevada attire aussi les inconditionnelles de l’énergie atomique. C’est dans cet État de l’Ouest américain qu’ont eu lieu plus de 1 000 essais nucléaires. Les villages abandonnés et les sites militaires expérimentaux commencent à être visités par des tours-opérators. Si le danger est bien moins présent et plus contrôlé, l’état d’esprit reste le même.

Ambiance guerre, soldats et conflits armés

Pour sortir d’un quotidien trop formaté, les stages commandos se multiplient. Organisés souvent par d’anciens militaires ou policiers, ils encadrent une poignée de touristes pour quelques jours afin de leur mener la vie dure. Entrainement au tir, randonnée extrême, technique de camouflage, combats… on dort peu, on souffre et on dépasse ses limites.

Pour les accros à l’adrénaline qui n’ont pas peur de rentrer chez eux entre quatre planches, l’agence War Zone Tours propose des voyages à la carte sur les principales zones de conflits armés. Ici, on ne joue pas à la guerre, on est en première ligne. Parmi les destinations cibles : l’Iraq, la Somalie et le Soudan. Dépaysant ? Sans doute. Inconscient ? Assurément.

Ambiance bâtiments abandonnés

Rien de très officiel ici, mais une vraie tendance de fond qui puise ses racines sur internet grâce à une communauté motivée et engagée. Le but de ce tourisme extrême est de partir à l’exploration des bâtiments abandonnés. Généralement accompagnés par un guide, souvent équipés de casque, de baudrier et d’un équipement adapté, les touristes font de l’exploration urbaine et partent à la découverte d’usines abandonnées, d’anciens hôpitaux psychiatriques, de châteaux en ruines ou de prisons désaffectées. Et quand l’exploration se passe en pleine nuit dans un asile ou un pensionnat réputé pour son histoire difficile, la limite entre curiosité urbanistique et spiritisme n’est pas loin. Dans le même esprit, certains marchés touristiques se concentrent sur la visite des lieux réputés hantés. Qu’on y croit ou non, le frisson fait vendre.

Pendant longtemps, Detroit aux États-Unis a été une destination prisée en raison des conséquences de la crise de 2008 qui a accéléré l’abandon et la fermeture de nombreux édifices privés et publics. Quant au côté légal de la chose, cela reste souvent très discutable et à vos risques et périls !

Ambiance zone interdite

On se rapproche ici de la célèbre émission de télévision. Au programme : visite des favelas d’Amérique du Sud, braconnage d’animaux sauvages en Afrique ou en Asie et découverte des maisons closes thaïlandaises ou philippines… on oscille entre le glauque et l’indécent. Le but : rechercher le grand frisson, se mettre en danger et aller là où aucun autre touriste ne va. L’organisation de ce genre de voyage se passe, bien sûr, très loin des circuits traditionnels, développant ainsi un marché parallèle souvent proche des groupes criminels organisés.

Dans le tourisme, l’originalité et la rareté ont un prix. Ce sont précisément les moteurs du tourisme de l’extrême. Un marché de niche, c’est certain, mais qui tend à démocratiser ou à sortir de l’ombre certaines pratiques ou destinations. C’est par l’exemple le cas de la Corée du Nord, pays atypique s’il en est, qui attire des touristes soucieux d’explorer des destinations méconnues.

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