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Vélo électrique : la mobilité nouvelle génération pour les touristes ?

Plus propre et plus économique que la voiture, plus rapide et moins physique que le 2 roues classique, le vélo électrique deviendrait-il la mobilité nouvelle génération pour les touristes ? Certes, cela fait des années que le marché du vélo est en croissance. Mais la crise sanitaire a levé tous les verrous avec le développement et la promotion de la mobilité douce et individuelle. Pistes cyclables en développement, vélos en libre-service, craintes sanitaires liées aux transports en commun et considérations écologiques sont autant de leviers qui encouragent le vélo électrique, en particulier dans les grandes métropoles. Un changement de paradigme qui a aussi des conséquences sur le déplacement des touristes. 

2020 : une année explosive pour le vélo électrique !

Comme pour tous les vélos pendant la pandémie, la vente de vélos électriques a explosé. La société d’études de marché NPD Group a déclaré qu’elle avait augmenté de 145% en 2020 par rapport à 2019. Dépassant ainsi les ventes de tous les autres vélos, qui étaient en hausse de 65%. « Les catégories de vélos qui s’adressent aux familles et aux cyclistes récréatifs et débutants ont mieux progressé que les vélos plus axés sur la performance », a déclaré Dirk Sorenson, analyste de l’industrie du sport chez NPD.  

Mais ce ne sont pas seulement les ventes aux particuliers qui ont généré les ventes de vélos électriques. Les services municipaux de vélos en libre-service les ont également de plus en plus intégrés à leur parc. Et dans certaines grandes villes, comme Charlotte aux États-Unis, les municipalités ont même opté pour une flotte entièrement électrique pendant la pandémie ! Comme le confirme Josh Squire, fondateur et directeur général de HOPR, un service de vélos en libre-service aux États-Unis, « la COVID-19 a propulsé les vélos électriques en avant de plusieurs années ».

Le vélo électrique : la nouvelle star des métropoles américaines

Aux États-Unis, dans les premiers jours de la pandémie, l’utilisation du vélo en libre-service a stagné en raison de la généralisation du télétravail. Mais pour ceux qui avaient besoin de se déplacer pour continuer à travailler, il est vite devenu une alternative crédible et efficace aux transports en commun, où le risque de contamination était plus important. Concurrents d’Uber, la start-up Lyft, qui gère aussi des flottes de vélos en libre-service dans neuf grandes villes américaines, dont New York et Chicago, a même offert 30 000 laissez-passer annuels gratuits aux travailleurs essentiels.

Le déconfinement, l’été et le retour des touristes locaux ont fait grimper ce nouveau moyen de mobilité. À Chicago, le service de vélos en libre-service DIVVY a vécu en août 2020 son mois le plus chargé, jamais enregistré.  À New York, les quatre derniers mois de 2020, les locations de vélos électriques ont dépassé celles de toute l’année 2019.  À Miami, en mars 2021, les utilisateurs ont déjà effectué 40% des locations de 2020. Une révolution au pays de la voiture !

En France, la « petite reine » se met aussi à l’électrique

Au pays du Tour de France, le vélo est probablement l’un des grands gagnants de cette crise inédite. La demande explose et les grandes villes comme Paris, Lyon et Marseille transforment des routes en voies cyclables. L’État va même jusqu’à mettre en place une prime de 50€ pour la réparation de vélos et une aide pouvant aller jusqu’à 400€ pour l’achat d’un vélo électrique.  Dans ce contexte, Grégory Trébaol fondateur d’Easybike Group, l’un des précurseurs du vélo électrique tricolore estime que « le taux de croissance augmente de facto, mais ce n’est pas encore cette année qu’il va atteindre son pic. ». Aujourd’hui, sa société regroupe les marques Solex, Matra et Easybike et propose une offre complète de mobilité électrique conçue, fabriquée et distribuée en France.  « L’effet COVID va se faire sentir en 2022 : les gens se sont tous mis au vélo avec la pandémie, les villes et les collectivités ont investi dans les infrastructures adaptées, la dynamique est en marche. Il faut s’attendre à 50 à 60 % de croissance en 2022 ! »

Alors, si le vélo électrique s’installe dans les grandes métropoles françaises, son récent gain en popularité représente surtout une occasion pour développer l’offre touristique durable. La possibilité de réduire la congestion automobile, d’augmenter la qualité de l’air des sites et de diminuer la demande en stationnement, motive l’accueil de ce silencieux véhicule à destination des villes touristiques.

Tourisme vert, tourisme durable, tourisme doux, tourisme local… il existe plusieurs secteurs et niches touristiques qui pourront profiter de l’emballement pour le vélo électrique. Un moyen de transport qui nécessite quelques ajustements en matière d’offre pour les professionnels du tourisme (location, matériel de sécurité, espace de stockage, guides, parcours, etc.), mais qui pourra sans doute s’imposer comme l’une des bonnes nouvelles durables provoquées par la crise sanitaire pour un tourisme réinventé.

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