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Un an de pandémie : comment les grandes destinations touristiques ont fait face

Après l’annonce de l’Organisation mondiale de la santé, le 11 mars 2020, déclarant que l’épidémie de COVID-19 avait atteint « des niveaux alarmants de propagation et de gravité », le monde se paralyse. Fermeture des frontières, arrêt des voyages internationaux, annulation des vols dans les compagnies aériennes : devant l’ampleur de la propagation du coronavirus, la plupart des pays se confinent. Et cela vaut aussi pour toutes les grandes destinations touristiques. De Paris à Melbourne en passant par Skagway en Alaska, bilan d’une première année de pandémie.

Paris : de la restauration à la livraison

Que serait la capitale sans ses célèbres bistrots parisiens ? Depuis mars 2020, nous avons la réponse ! Une ville vidée de ses touristes, mais surtout de son âme avec une convivialité disparue. La gastronomie française, incontournable pour les touristes et fierté locale, n’est plus. Du petit troquet au grand restaurant étoilé, les rideaux baissés plombent l’ambiance de la Ville lumière.

Quelques irréductibles essaient de maintenir leurs cuisines ouvertes en se transformant en livreurs de bons petits plats à la française. Seul moyen de survivre à un arrêt total de l’activité et à des licenciements inévitables, les brigades de cuisine se sont données un mot d’ordre : ne pas confiner les papilles des Parisiens ! Pour qu’ils puissent encore goûter aux joies d’une bonne table, ils ont adapté leurs menus et leur organisation afin de continuer à travailler malgré tout.

De reports de la reprise en reports des réouvertures des cafés-restaurants, faire de la « gastronomie à emporter » n’est pas une fin (ou faim ?) en soit pour les restaurateurs, mais elle permet d’offrir aux Parisiens un « avant-goût » du retour à la normale. En attendant le retour des touristes, il faut s’adapter et faire preuve de résilience.

L’Australie sans ses touristes chinois

La croissance de la classe moyenne chinoise associée à la (relative) proximité de l’Australie ont permis aux touristes de l’empire du Milieu de dépasser les Néo-Zélandais en 2017. Dans la ville de Melbourne en 2019, les visiteurs chinois ont ainsi dépensé 3,4 milliards de dollars australiens, soit près de 40% de toutes les dépenses des visiteurs internationaux. 

Ce boom a poussé les entreprises touristiques australiennes à s’adapter, en personnalisant les expériences, en embauchant du personnel parlant chinois, en traduisant les menus des restaurants et même la signalisation des parcs nationaux. On a vu se créer des restaurants à la gastronomie typiquement asiatique pour satisfaire les habitudes alimentaires de ces touristes toujours plus nombreux. Mais lorsque l’Australie a interdit les vols en provenance de Chine le 1er février 2020, puis a interdit les voyages à l’étranger le mois suivant, c’est un coup d’arrêt brutal que subissent toutes ces enseignes touristiques. 

Malgré l’aide des pouvoirs publics, entre reconversion et adaptation de son activité, chacun essaie de trouver une solution pour tenir, en espérant un retour rapide des touristes étrangers en 2021.

Skagway en Alaska : Une ville de croisière sans croisières

Parce que le tourisme est la seule et unique industrie de Skagway, en Alaska, elle est le symbole même de l’impact de la pandémie sur le secteur. Malgré une population annuelle de seulement un millier de personnes, avant la pandémie, Skagway était le 18e port de croisière le plus visité au monde. Pour l’été 2020, la ville s’attendait à ce que 1,3 million de touristes se promènent dans Broadway, sa rue principale longée de saloons historiques et d’hôtels transformés en boutiques de souvenirs. 

La pandémie a transformé Skagway de ville en plein essor alimentée par les navires de croisière en ville fantôme. Pour éviter un exode massif, les dirigeants de la ville ont redistribué à ses résidents la majeure partie les fonds de relance du gouvernement et chaque habitant a reçu 1000 $ par mois de juin à décembre 2020 à condition de le dépenser en ville. Pour le maire, le raisonnement était simple : assurer la survie de la ville jusqu’au retour des touristes. Sauf que la crise dure plus longtemps que prévu. Pour tenir bon, la campagne touristique « Save Our Skagway » encourage les anciens travailleurs saisonniers à revenir pour visiter la ville. Mais cela ne sera sans doute pas suffisant compte tenu de la dépendance au tourisme de masse lié aux croisières.

Si le tourisme local a contribué à limiter la casse au cours de l’été 2020, l’incertitude en cours ne facilite pas un optimisme débridé pour les professionnels du tourisme des grandes destinations. Pour autant, la lumière est au bout du tunnel avec l’accélération de la vaccination. Car une chose est sûre : l’envie de voyager n’a jamais été aussi forte !

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