Le futur du tourisme dans un monde post-covid

Le tourisme a été l’un des secteurs les plus durement touchés par la pandémie causée par le Sars-Cov-2. Avant la crise qui a débuté en décembre 2019 en Chine, l’industrie du tourisme, des voyages et des loisirs employait près de 300 millions de travailleurs dans le monde. Aujourd’hui, plus d’un tiers aurait déjà perdu leur emploi. Le trafic aérien n’a pas repris et de nombreuses incertitudes demeurent entre restrictions locales, deuxième vague et risque de reconfinement. Le monde du tourisme mettra du temps à retrouver ses couleurs d’antan. Pour autant, le futur du tourisme ne sera pas nécessairement un copier-coller de ce qu’il était. Son futur est à inventer et les professionnels du tourisme se penchent déjà sur la question.

Un « covid-compliant clean tourism ​»

Nous sommes d’accord, il y a beaucoup d’anglicismes dans ce titre ! Mais ne fuyez pas, car c’est un sujet important. Le clean tourism est un tourisme propre. Sous-entendu, un tourisme qui ne fera pas prendre de risques aux visiteurs. Il existe pour cela différentes options. La première est de miser sur l’extérieur. Quels que soient la saison et le pays, il existe toujours des activités à faire, même lorsqu’il fait -25 degrés en plein mois de janvier au Canada ! L’offre extérieure est à inventer et à bonifier pour attirer des touristes locaux et internationaux en quête d’expériences nouvelles, plus proches de la nature, en petits groupes et de manière sécuritaire.

Le clean tourism peut aussi miser sur des protocoles très stricts en matière de protection sanitaire. C’est le covid-compliant. L’idée est de créer une norme de qualité et des protocoles de désinfection très poussés afin d’accueillir des touristes dans les meilleures conditions possibles. Cela signifie, par exemple, désinfecter chaque lieu de fond en comble après chaque passage, laisser 48 à 72 heures entre deux réservations, créer un sens de circulation dans les bâtiments, développer la livraison des repas en chambre, etc. C’est ainsi que Marriott offre un service de chambre sans contact par le biais de son application mobile et que les chambres des hôtels Hilton sont dotées d’un sceau sur les portes, indiquant que personne n’y est entré depuis le dernier nettoyage.

Le road-trip revient en force

Le but du voyage n’est plus la destination, mais bien le voyage lui-même. Et pour assurer une parfaite sécurité sanitaire, quoi de mieux que de voyager et de vivre au même endroit ? Les camping-cars pourraient bien revenir en force, en particulier dans les pays où le road-trip fait partie de la culture locale, comme les États-Unis. Les loueurs d’immenses RV pouvant accueillir parfois 6 ou 8 personnes attendent avec impatience la levée des restrictions locales pour développer un tourisme de proximité qui se rapproche aussi d’une forme de slow tourisme. On prend le temps, on s’arrête quand on veut, on s’adapte à la météo et on découvre de nouveaux endroits. Pour un tourisme vert et personnalisé, le road-trip pourrait aussi s’imposer en France.

Un tourisme privé et luxueux

Pour fuir le covid, il faut parfois vouloir partir loin. Les touristes au fort pouvoir d’achat pourraient choisir de partir loin pour profiter d’un tourisme d’un style différent. Cela signifie une demande accrue pour les villas et hôtels de luxe capables de proposer des expériences dans des lieux isolés avec des logements indépendants. C’est, par exemple, le cas d’Aman, réputé pour son offre centrée sur l’espace et l’intimité, ou encore Rosewood, où de nombreuses propriétés ont des résidences avec des entrées ou des ascenseurs privés.

Pour les transporteurs aériens, le jet privé pourrait venir prendre la place de la première classe ou de la classe affaires dans les vols commerciaux pour des déplacements d’affaires ou récréatifs. Avec un enregistrement simplifié et plus rapide, moins de personnes à transporter et plus de temps pour assurer un nettoyage complet de l’appareil, le vol privé pourrait bien avoir un futur prometteur, à condition d’y mettre le prix.

Un tourisme technologique

Enregistrement et paiement sans contact, cartes d’hôtel virtuelles, réalité augmentée au lieu d’un guide touristique, véhicules autonomes, robots nettoyeurs, prise de température automatique… le covid-19 a accéléré la transformation digitale de nombreuses organisations. Et la tendance va s’accélérer. Les cleantech ont le vent en poupe, tout comme les éditeurs de logiciels qui visent à automatiser la plupart des tâches manuelles pour réduire les points de contact avec les touristes. Plus que jamais, le smartphone et la montre connectée vont devenir tout ce dont les touristes auront besoin pour profiter pleinement de leurs vacances.

Avec une situation qui ne cesse d’évoluer, il est difficile de savoir exactement à quoi va ressembler le tourisme en mode post-covid. Ce qui est sûr, c’est qu’il aura besoin de professionnels résilients, innovants et prompts à construire une offre nouvelle, plus respectueuse de l’environnement, plus personnalisée, et toujours plus centrée sur la technologie. Un défi passionnant pour les futurs diplômés des écoles de tourisme !

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