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Covid-19 et tourisme : où en sommes-nous aujourd’hui ?

Covid-19 et tourisme : où en sommes-nous aujourd'hui ?

8 mois.

Cela fait 8 mois que la France vit au rythme du Sars-Cov-2. Un coronavirus qui a pris tout le monde par surprise depuis son apparition il y a un an, le 17 novembre 2019 à Wuhan, en Chine. Le monde du tourisme fait partie des premiers secteurs d’activités impactés. Alors que l’épidémie se propage et devient une pandémie qui met la planète sur pause, c’est le 17 mars 2020 que le Président de la République instaure un confinement général dans l’hexagone. Puis entre déconfinement, résurgence du virus, couvre-feu et reconfinement, l’actualité économique reste mouvante et particulièrement incertaine, malgré quelques espoirs estivaux. Alors, 8 mois après, où en est le monde du tourisme ?

Les touristes étrangers toujours absents

La fermeture des frontières extérieures de l’Union Européenne empêche les touristes internationaux non européens de visiter la France. Et les recommandations sanitaires sont claires. Il faut limiter les déplacements et privilégier le tourisme local pour limiter tout risque de contamination et de propagation de la maladie.

Dans le monde, les restrictions sur les voyages introduites en réponse à la pandémie de COVID-19 continuent de frapper durement le tourisme mondial. L’Organisation mondiale du tourisme (OMT) faisant état d’une baisse de 70 % des arrivées de touristes internationaux au cours des huit premiers mois de 2020. Et dans le détail, le dernier baromètre du tourisme mondial de l’OMT soulignait que les arrivées de touristes internationaux ont diminué de 81  % en juillet et de 79 % en août. Or, ce sont justement les deux mois qui sont traditionnellement les plus chargés de l’année en France.

Avec le confinement de l’automne 2020 et les secondes vagues du COVID-19 qui frappent de très nombreux pays, les professionnels du tourisme vont devoir apprendre à vivre sans touristes étrangers pour encore un temps.

L’événementiel souffre et n’anticipe pas de reprise immédiate

Face aux conséquences de la pandémie impliquant restrictions, obligations et contraintes, de nombreux événements et salons ont été annulés. L’un des plus emblématiques étant le traditionnel salon de l’agriculture qui devait se tenir du 27 février 2021 au 7 mars 2021. Le tourisme d’affaires est entré dans une longue parenthèse. Avec le télétravail et les restrictions liées aux voyages, les entreprises ont annulé tous leurs déplacements et reporté une partie de l’activité sur des événements virtuels. Ce sont donc les grandes capitales mondiales et métropoles internationales qui sont les premières à en subir le contrecoup.

Le transport aérien reste prudent

Les images des avions cloués au sol ont fait le tour des médias. Malgré un fragile frémissement estival, le trafic aérien est au point mort. Et son redémarrage prendra du temps. Selon Eurocontrol, l’organisme européen de gestion du trafic aérien, la reprise complète du trafic aérien en Europe pourrait intervenir d’ici 2024 si, et seulement si, un vaccin efficace pour lutter contre le coronavirus devient largement disponible d’ici l’été 2021. En cas de retard dans la production ou la distribution du vaccin, cela décalerait d’autant la reprise. Jamais les destins des aéroports et des compagnies aériennes n’ont été aussi liés aux avancements de la science. Selon Eurocontrol, trois scénarios sont envisageables :

  • La prévision optimiste : un vaccin en 2021 pour une reprise d’ici 2024.
  • La prévision réaliste : fin de la pandémie à l’été 2022 pour une reprise totale en 2026
  • La prévision catastrophique : une persistance continue de la pandémie et une reprise qui pourrait être retardée jusqu’en 2029.

Un tourisme local qui renaît

Alors que les frontières se sont fermées, le tourisme local – ou régional d’une certaine manière – s’est développé. Ainsi, au-delà des grandes zones touristiques (Paris, Côte d’Azur, Normandie, etc.), de nouveaux espaces se sont mis en avant. Ces territoires moins connus ont profité de la pandémie pour faire renaître le tourisme local en dépensant parfois des centaines de milliers d’euros dans des campagnes marketing. C’est ainsi que l’Aude, la Haute-Marne, Le Puy-en-Velay, ou la baie de Somme sont revenus sur le devant de la scène.

Cette démarche contribue à rassembler les acteurs d’un territoire pour préparer le monde du tourisme de l’après-Covid avec une image de marque forte et facilement exportable. Un changement de cap qui répond aussi à une nouvelle demande portée par des considérations sociétales sur la lutte contre le dérèglement climatique, la réduction des inégalités sociales ou dans l’abandon de certaines pratiques nuisibles du tourisme de masse. La question sera donc de savoir si ce changement vers un tourisme proche, local et durable n’aura été qu’un épiphénomène ou un changement durable vers une nouvelle forme de tourisme.

Apprendre à vivre avec le virus. Cela semble être la ligne de conduite à adopter en 2021 en dépit des espoirs suscités par la recherche dans la production d’un vaccin contre le Sars-Cov-2. Si le secteur du tourisme peut entrevoir de beaux jours une fois la pandémie derrière lui, l’industrie devra aussi prendre le temps de s’adapter aux nouvelles réalités économiques des ménages et des familles qui ont aussi souffert des conséquences du COVID-19.

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