Ne soyez pas le touriste dont personne ne veut !

Le touriste qui est curieux des cultures locales, qui veut rencontrer des habitants pour échanger et discuter, qui pose des questions, qui s’intéresse aux autres tout en étant respectueux des différences culturelles, et qui, à l’étranger, fait l’effort d’apprendre quelques mots de la langue locale, est un touriste en or. 

Le genre de touriste que tous les territoires aimeraient accueillir. Pourtant, comme vous l’imaginez, c’est loin d’être le cas partout. Totalement démocratisée, l’activité touristique engendre aussi des comportements qui peuvent être irresponsables, voire dangereux et irrespectueux. En tant que futur professionnel du tourisme, vous n’avez pas vraiment envie de les accueillir. Et en tant que touriste, ne soyez pas celle ou celui dont personne ne veut !

Les fêtards

Bien sûr, tout le monde aime faire la fête. Mais que se passe-t-il lorsque celle-ci dérape ? Ou lorsque les habitants locaux et les autres touristes sont dérangés par le bruit excessif ou l’animation ? À choisir entre une famille de touristes et un groupe venu faire la fête, les hôteliers tendent de plus en plus à privilégier les familles. Non seulement elles ne vont pas forcément dépenser moins d’argent, mais en plus, elles sont capables de respecter les règles de civisme habituelles. Sans compter que les regroupements de fêtards ont aussi tendance à générer une mauvaise réputation pour un lieu touristique. C’est ainsi que Las Vegas a beaucoup investi ces dernières années dans des spectacles grand public, des attractions familiales et dans le tourisme d’affaires pour rééquilibrer l’image de la sin city souvent associée aux excès du jeu et au sexe. 

Vous voulez faire la fête ? Profitez-en, mais contrôlez-vous quand vous sortez d’un bar, d’un concert, d’un stade ou d’une boîte de nuit !

Les « begpackers »

Vous connaissez les backpackers ? Ce sont les touristes qui parcourent le monde en sac à dos avec un mode de vie simple et souvent très économique. Place maintenant aux begpackers qui est la contraction de “backpack” pour « sac à dos », et qui “beg” pour « mendier ». Ce sont souvent des backpackers qui se retrouvent dans l’obligation de faire la manche afin de financer la suite de leur voyage ou leur retour dans leur pays d’origine. Il existe même des recherches académiques sur le sujet !

 

L’Asie en général, et Bali en particulier, sont des destinations où l’on trouve le plus de begpackersπ, qui viennent souvent des pays occidentaux. Résultat : les autorités locales commencent à les dénoncer auprès des ambassades de leur pays et ils sont vus d’un mauvais oeil par les touristes et par les locaux.

Les touristes éclairs

Certains territoires imposent une taxe sur les nuitées passées dans un lieu touristique afin de financer les investissements locaux, d’améliorer les infrastructures touristiques et de bien redistribuer l’argent du tourisme. Pour éviter de payer cette taxe, les touristes éclairs tentent alors de visiter un maximum de lieux en un temps record, et sans dormir sur place. 

On les retrouve beaucoup à Venise notamment, où ils parcourent rapidement monuments, places et rues symboliques avant de repartir aussitôt avant la tombée de la nuit. Pour y faire face, les villes s’organisent et créent également des taxes journalières. Ainsi, Amsterdam impose une taxe de 8€ par personne pour les visiteurs qui arrivent par bateau et de 0.66€ pour les touristes qui visitent la ville en bus ou en bateau touristique.

Les groupes

L’effet de groupe peut avoir des impacts sur le tourisme. Plus il est important, moins les membres de ce groupe sont conscients des différences culturelles à respecter ou des comportements appropriés à avoir. Et dans certaines villes touristiques, les groupes sont dans le viseur des autorités. Ainsi, depuis le 1er janvier 2020, Amsterdam interdit les groupes de plus de 15 personnes dans certains quartiers, en particulier le red light district connu pour la prostitution et la vente de cannabis, et qui reste toutefois un haut lieu touristique de la ville.

Si vous venez en groupe, essayez donc de vous faire petit, discret et d’aller au contact des autres. C’est toujours plus intéressant d’être acteur de son voyage plutôt que spectateur !

Les inconscients

C’est une très large catégorie de touristes qui va des amateurs de selfie les mettant en situation de danger, à ceux pour qui la protection de la nature reste un concept un peu flou, et qui n’hésitent pas à nourrir les animaux quand il ne le faut pas et à cueillir des fleurs dans un parc protégé, par exemple. On peut aussi citer les nageurs qui s’aventurent sur les plages interdites, les skieurs qui font du hors-piste sans guide et sans expérience, etc. Essayez de suivre les règles. Si elles sont en place, c’est qu’il y a une bonne raison !

 

Catalyseur des bons et mauvais côtés de l’humain, le tourisme n’est pas à l’abri des dérives. Or, lorsqu’elles se multiplient, elles peuvent avoir de réels impacts sur certaines destinations. Vous avez peut-être vu ces images en Italie, où la ville de Florence, débordée par les visiteurs, déloge les touristes assis devant l’église Santa Croce à coup de karcher. Une dérive en amenant une autre, la réponse peut être plus problématique (et inefficace) que le problème qu’elle était censée résoudre, lorsqu’elle est prise de manière radicale.

 

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