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Les Jeux olympiques de 2021 sans spectateurs : quels impacts et conséquences ?

Initialement prévus en 2020 puis reprogrammés du 23 juillet au 8 août 2021, en raison des risques sanitaires liés à la pandémie de COVID-19, les Jeux olympiques de Tokyo auront lieu sans la présence de spectateurs venant de l’étranger. C’est ce qu’ont décidé les parties nippones de l’organisation le samedi 20 mars 2021. En début de réunion, Thomas Bach, président du CIO, mentionnait que « des sacrifices de la part de chacun ​» étaient nécessaires et qu’au travers de cette décision leur « première priorité a été, est et reste la sécurité de tous les participants aux Jeux olympiques et du peuple japonais ​». 

Mais quels impacts et quelles conséquences vont avoir ces décisions sur l’économie et le tourisme japonais ?

Le relais de la flamme olympique : une première étape sans public

C’est un avant-goût de ces JO 2021 qu’a offert le Japon le 25 mars dernier lors du lancement du relais de la flamme olympique sans spectateurs. Si la présidente de Tokyo-2020, Seiko Hashimoto, voyait dans cette cérémonie intimiste « un rayon de lumière au bout de l’obscurité ​», c’était autant pour le lieu très symbolique où elle s’est déroulée que pour transmettre un message d’espoir dans un contexte de crise sanitaire mondiale. 

En effet, la torche olympique s’est enflammée au sein du complexe sportif J-Village dans la province de Fukushima, qui avait servi de base aux opérations de secours après la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011. Les quelques spectateurs masqués n’ont pas eu le droit d’acclamer et ont été tenus à l’écart de la cérémonie de départ et du premier tronçon. 

Le parcours de la flamme passera par les 47 départements du Japon et arrivera au Stade national de Tokyo pour la cérémonie d’ouverture des Jeux le 23 juillet. L’image de cet événement vidé de son public donne une avant-première de l’ambiance à venir.

JO 2021 sans spectateurs : des impacts déjà visibles au Japon

Si l’idée de voir des stades vides est déjà un pincement au cœur pour les athlètes qui se préparent aux JO de cet été, c’est bien plus encore douloureux pour les acteurs du tourisme japonais. En effet, bon nombre d’entre eux, et tout particulièrement les secteurs de la restauration et de l’hôtellerie, ont investi dans leurs établissements en prévision de cet événement et de l’apport économique qu’il représentait. 

Ces espoirs déjà entamés par la fermeture du Japon aux étrangers non résidents depuis le début de la pandémie et le report des JO il y a un an, avaient pourtant trouvé un peu de regain grâce à la campagne gouvernementale de subvention des voyages intérieurs, au second semestre 2020. Mais fin décembre, l’aggravation de la situation sanitaire au Japon a obligé le gouvernement à suspendre le dispositif et à restaurer l’état d’urgence en fermant notamment les bars et restaurants dès 20 heures. Bien que cette mesure soit aujourd’hui levée, même dans le grand Tokyo, l’interdiction des spectateurs venus de l’étranger, au JO de cet été, est un énième coup dur pour ces secteurs du tourisme déjà bien impactés et ne survivant aujourd’hui qu’à travers les aides de l’État

Les conséquences des stades vides aux JO de Tokyo

On peut donc s’attendre à ce que les conséquences des jeux à huis clos pour l’économie nippone soient à la hauteur de cette décision historique. D’après Capital Economics, même en tablant sur 600 000 visiteurs internationaux aux JO, ces derniers « n’auraient probablement dépensé qu’environ 95 milliards de yens dans le pays (730 millions d’euros), soit à peine 0,02% du PIB ». Ce qui « n’est pas assez important pour faire tanguer l’économie japonaise, mais c’est certainement un sévère manque à gagner », selon M.Takahide Kiuchi, économiste de l’Institut de recherche du groupe financier Nomura. 

Alors, si la levée de l’état d’urgence et la réouverture des bars et des restaurants redonnent un peu de baume au cœur à l’économie touristique du Japon, c’est surtout la fin de la pandémie avec la montée de la vaccination qui autorisera un espoir dans le monde touristique. « Une fois que (la pandémie) cessera et que les gens voyageront de nouveau, nous pensons qu’il y aura une forte demande mondiale pour le tourisme japonais », d’après Hideyuki Sato, directeur de l’association japonaise des ryokan (restaurants) et hôtels. 

De son côté, l’économie japonaise dans son ensemble, mise sur sa puissance industrielle et sa force d’exportation pour maintenir sereinement sa place de troisième puissance économique mondiale. D’ailleurs, L’OCDE a récemment relevé de 2,3% à 2,7% sa prévision de croissance de l’économie japonaise en 2021. Et en janvier dernier, le FMI a été encore plus ambitieux avec un rebond +3,1%. 

Tout le monde semble donc s’accorder sur le fait que les jeux Olympiques de 2021 sans spectateurs étrangers sera un événement bien triste pour le Japon, mais sans conséquences irrémédiables pour son économie. Ici, comme partout ailleurs, on parle donc d’agilité et de résilience pour traverser ce nouveau cap décisif avant un retour potentiel à la normale pour le dernier trimestre de l’année 2021.

 

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