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Innovations touristiques : des idées audacieuses fruits de la pandémie

Si la France s‘est toujours félicitée de sa place de première destination touristique mondiale, son industrie a été violemment impactée par la crise sanitaire. Le tourisme représente 10% du PIB et deux millions d’emplois directs ou indirects. Il était donc indispensable de trouver des plans de bataille pour sauver « le soldat tourisme ». C’est ce qui a fait naître des idées audacieuses à un bon nombre d’acteurs du secteur désireux d’innover pour adapter leurs offres à de nouvelles envies touristiques. Illustration en trois exemples. 

Un groupe Facebook pour repenser le tourisme.

Tout commence par la naissance d’un groupe Facebook en avril 2020, regroupant des professionnels du tourisme et baptisé « Demain… Le tourisme ». Son objectif : « réfléchir aux changements que cette crise portera dans les manières de faire, commercialiser et consommer du tourisme. » Un an plus tard, il regroupe plus de 3 700 membres actifs qui contribuent à ces échanges, entrecroisés avec les enquêtes de l’experte, Josette Sicsic et sa projection sur l’avenir du tourisme, baptisée « Touriscopie ​».

Également partenaire officiel du salon IFTM Top Resa, dont le salon incontournable des professionnels se tiendra du 5 au 8 octobre à Paris, le groupe y animera des ateliers sur le tourisme vertueux, la tourismophobie (terme donné au rejet de l’industrie touristique) ou encore les nouvelles mobilités. En attendant, il continue à diffuser ses réflexions sur la page du groupe, mais aussi dans le journal Futuroscopie

Des chambres d’hôtel pour télétravailleurs

Alors que l’industrie hôtelière est à l’arrêt et que le télétravail se développe, tous les salariés n’ont pas les conditions matérielles nécessaires pour bien travailler. Absence de bureau dédié, réseau internet instable, logement trop exigu, bruyant ou inadapté… il est difficile d’être vraiment productif dans ces conditions. Privés de clients, certains hôteliers se sont lancés sur le créneau du télétravail à l’hôtel, comme le groupe Accor par exemple. Pour les télétravailleurs du quotidien, les hôteliers louent des chambres à la journée afin de travailler dans le calme, avec livraison de plateaux-repas le midi. Une manière intelligente d’amortir le coût des chambres vides et de se diversifier, même s’il est encore difficile de convaincre les grandes entreprises. On retrouve donc surtout des consultants indépendants, des autoentrepreneurs ou des « digital nomads » qui peuvent travailler de presque n’importe derrière un ordinateur.

Pour les salariés ou indépendants qui ont les moyens de voir grand, se développe la tendance du workation, contraction de work (« travail»), et de vacation, (« vacances »). Pour les plus chanceux et les télétravailleurs qui peuvent se le permettre, c’est depuis les Antilles ou d’autres lieux privés de touristes qu’il est possible de télétravailler en profitant d’un service haut de gamme. C’est notamment le cas de la Barbade qui veut faire revenir les touristes en télétravail pour s’installer pendant plusieurs mois au bord de ses plages paradisiaques.

Les croisières Ponant : le luxe au large des côtes françaises. 

La compagnie Ponant, connue pour ses croisières de luxe sur des yachts partout dans le monde, a lancé cinq itinéraires inédits en France pour faire face à la crise du COVID-19. Arrêtées totalement depuis le 15 mars 2020, huit croisières ont repris le 11 juillet, dont cinq inédites de sept jours le long des côtes françaises, au départ de Marseille, Nice, Bordeaux, Saint-Malo et Le Havre. « Pour faire de Ponant une des premières compagnies mondiales à relancer ses croisières, il a fallu réinventer nos offres en proposant des itinéraires plus courts en France », a précisé à l’AFP Hervé Bellaïche, directeur général adjoint de la compagnie basée à Marseille. 

Pour cela, l’entreprise a instauré dans ses voyages un protocole sanitaire renforcé : tests PCR des clients maximum 48 heures avant d’embarquer, prise de température avant de monter dans le bateau, décontamination des bagages… « Le but est d’éviter l’entrée de risques et de virus en faisant respecter notre protocole », a-t-il ajouté. Pour rassurer la clientèle, un hôpital sera également installé à bord avec plusieurs lits de réanimation, ainsi que des bornes de prise de température. La reprise s’est faite à 70% de l’activité, soit huit bateaux sur douze, « mais ils ne sont remplis qu’à un tiers des 150 passagers, car nous n’avions eu qu’un mois pour commercialiser les nouvelles offres », déplore le dirigeant de Ponant.

C’est dans l’adversité que l’on devient innovant ! Si la pandémie a conduit le tourisme à se mettre en pause, elle a aussi indirectement obligé des professionnels à chercher des solutions pour pivoter, expérimenter et développer un maximum d’agilité dans un futur incertain. Des compétences précieuses liées aux soft-skills qui sont indispensables pour penser le tourisme de demain.

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