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COVID et tourisme : tout savoir sur le passeport sanitaire

Voyager après de longs mois de confinement. Avouez que c’est quelque chose auquel tout le monde aspire, n’est-ce pas ? S’il est sans doute encore un peu tôt pour découvrir les paysages incroyables du Brésil ou de l’Inde, l’Europe offre déjà largement de quoi satisfaire vos envies de voyage. Or, en temps de pandémie, il va falloir redoubler de prudence. Si les frontières rouvrent peu à peu, il sera indispensable de montrer patte blanche. Et c’est là où le passeport sanitaire européen risque d’être très utile. 

Le passeport sanitaire : de quoi s’agit-il ?

Il s’agit d’un document qui vise à faciliter les déplacements au sein de l’Union européenne (UE). Un pass sanitaire permettant aux citoyens européens de passer d’un pays à l’autre, à partir du moment où ils respectent les règles sanitaires en vigueur. Fin mai 2021, le Parlement et le Conseil européen sont parvenus à un accord sur ce certificat numérique qui devrait entrer en vigueur au 1er juillet 2021.

S’il concerne tous les pays de l’UE, ce dispositif sera aussi ouvert aux quatre pays hors UE, mais qui sont membres de l’espace Schengen. C’est le cas de l’Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Suisse. Rappelons que ce passeport sanitaire ne concerne donc pas le Royaume-Uni qui a récemment quitté l’Union Européenne.

Grâce à ce passeport sanitaire européen, vous pourrez justifier de votre vaccination contre la COVID-19, d’un test négatif ou d’une immunité à la suite d’une infection. Doté d’un QR code, il pourra être accessible depuis votre smartphone ou imprimé sur un document papier. Accessible à tous, ce certificat sera délivré gratuitement par les pouvoirs publics dès l’été.

Indispensable aux voyageurs, le passeport sanitaire permet aussi pour les professionnels du tourisme de regagner une forme de confiance et de prévisibilité avec un été touristique qui devrait s’annoncer propice à une reprise touristique européenne. 

Les questions qui subsistent autour du passeport sanitaire

Si cette initiative est très bien accueillie par les professionnels du tourisme et les visiteurs, il existe encore des questions qui nécessitent d’être clarifiées.

En cas de recrudescence de l’épidémie

La pandémie de COVID-19 est pour le moins imprévisible. Même un pays qui semble bien préparé comme le Royaume-Uni avec un taux de vaccination élevé a été contraint de repousser la dernière étape de son déconfinement. En cause, le variant Delta, dit « indien », qui circule de plus en plus dans plusieurs pays d’Europe et qui est majoritaire parmi les nouveaux cas détectés outre-Manche. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a dû se résoudre à reporter de quatre semaines son fameux « freedom day ​» sur les conseils de scientifiques inquiets de la poussée du variant Delta.

Or, ce qui se passe en Angleterre peut très bien se produire dans d’autres pays. En cas de recrudescence de l’épidémie, rien n’empêche un pays d’accentuer les mesures de restriction sanitaire et de limiter les voyages. Dans ces conditions, le passeport sanitaire ne serait plus utile pour partir en vacances.

Des règles à géométrie variable

Sur le papier, les députés européens ont obtenu un accord qui interdit aux États membres d’imposer des restrictions supplémentaires en matière de déplacement aux personnes qui disposent du passeport sanitaire. Cela signifie qu’il n’est théoriquement pas possible d’imposer une quarantaine, l’auto-isolement ou de nouveaux tests de dépistage. Le mot théoriquement est important, car une clause précise « à moins qu’elles ne soient nécessaires et proportionnées pour préserver la santé publique ».

Les pays européens gardant la main sur la santé et la surveillance de leurs frontières, rien n’empêcherait un pays d’activer cette clause, la situation exceptionnelle étant à la libre interprétation des autorités. Avant de voyager, il est donc indispensable de bien se renseigner. Même chose une fois sur place, car la situation peut évoluer. Rester connecté et informé est la meilleure solution pour assurer un séjour agréable, malgré la situation pour le moins inhabituelle causée par la pandémie.

Des données personnelles sensibles

Pour obtenir son passeport sanitaire, il est nécessaire de divulguer un certain nombre de données personnelles et médicales. Une démarche obligatoire pour laquelle le Parlement a confirmé que les données personnelles stockées pour le certificat ne seront conservées que dans l’État où le document sera émis. Une approche qui limite normalement la dispersion des données, d’autant plus que le RGPD (Règlement général sur la protection des données) s’applique en matière de protection des données et de non-discrimination. Reste à espérer que les personnes les moins technophiles puissent être en mesure de faire le nécessaire.

Devoir attester de son état immunitaire n’a rien d’une nouveauté en matière de voyage, car certains vaccins sont déjà obligatoires dans le cas de voyages, comme c’est le cas avec la fièvre jaune par exemple. Le passeport sanitaire permettra donc de faciliter la circulation entre les pays et d’éviter les restrictions sanitaires en cours pour un été touristique que l’on espère sécuritaire et dépaysant après des mois d’incertitudes.

 

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