FR | EN

Comment le GPS peut faciliter la planification urbaine et touristique

Vous souvenez-vous des cartes routières en papier qui accompagnaient les touristes et voyageurs lors de leur déplacement ? Peut-être même qu’elles vous sont totalement étrangères ! Et pour cause. Depuis 20 ans, le GPS s’est imposé comme un outil indispensable dans tous les déplacements. Et avec son intégration dans nos smartphones. Il n’a jamais été aussi facile de se repérer, que ce soit pour un long voyage dans une mégalopole surpeuplée à l’étranger ou une simple escapade à la campagne. Le problème, c’est que les applications comme Waze, Apple Plans ou Google Maps sont à la fois des solutions pratiques et un problème qui empoisonnent la vie des habitants et des pouvoirs publics. Explications.

L’aide à la navigation : un confort pour les touristes, un cauchemar pour les habitants

Trouver la meilleure route pour arriver à destination dans les temps et en toute sécurité. C’est, en résumé, le principe de ces applications d’aide à la navigation. Derrière les cartes, ce qui compte, ce sont les données collectées et les algorithmes qui définissent justement les routes à emprunter. Or, une application de navigation n’est finalement qu’un programme informatique. Il ne connait ni le contexte de navigation ni les conditions routières. Sans compter qu’en cas d’erreur dans les données, les conséquences peuvent être importantes.

En Ardèche, un village est exaspéré par l’afflux de véhicules causé par une application GPS. En effet, pour éviter les embouteillages, celle-ci oriente les utilisateurs sur des trajets alternatifs. L’un d’entre eux passe par la commune de Saint-Montan où les riverains assistent, médusés, à un afflux de véhicules dans des rues trop étroites, sans toujours respecter le sens de circulation. Pendant la saison touristique, ce sont ainsi près de 900 véhicules par jour qui circulent sur ces routes qui ne sont pas du tout adaptées. En cause, un algorithme qui oriente les vacanciers vers ce village pour rejoindre les grands sites touristiques de la région.

L’exemple de Los Angeles : une difficile régulation

Aux États-Unis, l’application Waze est sur le radar des pouvoirs publics locaux. Alors que la ville est connue pour ses immenses artères et autoroutes régulièrement embouteillées, l’application Waze cherche sans cesse les meilleurs raccourcis et routes alternatives pour ses utilisateurs. Et le problème est similaire à celui de Saint-Montan en Ardèche, mais à une autre échelle. Rues secondaires embouteillées, habitants excédés, impossibilité pour les véhicules d’urgence de circuler… les conséquences sont importantes. À tel point que les responsables des transports affirment qu’il est particulièrement important que les conducteurs évitent ces routes pendant les événements spéciaux, les catastrophes naturelles et les heures de ramassage scolaire.

La ville souhaite donc collaborer avec les GAFAM pour créer un programme de navigation qui viendrait limiter les rues que les conducteurs sont invités à emprunter dans une zone donnée. Un exemple concerne le célèbre Hollywood Bowl, un théâtre d’une capacité de 17 000 places accueillant des spectacles de plein air sur les hauteurs d’Hollywood. Conjuguer spectateurs, touristes et automobilistes pressés autour de cette zone en même temps créerait un cocktail explosif. 

Si le projet pilote est couronné de succès, un programme similaire pourrait être mis en œuvre dans d’autres parties de la ville, et en particulier les plus touristiques. Toutefois, il pourrait être difficile de faire accepter l’idée aux entreprises et aux professionnels qui vivent de la fréquentation, comme les commerçants, bars, restaurants et grandes attractions touristiques.

Une collaboration d’une nouvelle génération pour lutter contre le surtourisme dans le sud de la France

Dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), le surtourisme est une réalité. Et ici, le GPS et les applications d’aide à la navigation pourraient contribuer à mieux gérer le phénomène. Une collaboration entre Waze et la région va permettre de guider les touristes vers des solutions alternatives lors des pics de fréquentation.

Il faut dire qu’il y a urgence puisque la ville de Marseille craint « une très forte fréquentation voire une situation de surfréquentation » touristique cet été. À tel point que la municipalité a appelé à réduire la promotion de la ville et affiche ainsi son « désaccord profond » avec l’Office du tourisme. Une situation pour le moins surprenante !

L’aide à la navigation permet donc de diversifier les lieux d’accueil. Ainsi, les jours de forte affluence, les utilisateurs de l’application Waze seront informés d’alternatives, comme un parking relais en amont avec navettes gratuites ou d’autres sites touristiques à proximité moins fréquentés. Une solution déjà testée avec succès au cours de l’été dernier dans quatre sites touristiques de la région PACA et qui sera étendue à huit parcs nationaux ou naturels régionaux, comme les Parcs nationaux des Calanques, des Écrins ou du Mercantour.

Outil indispensable pour les voyageurs, le GPS et les applications de navigation ne parviendront pas à résoudre la question du surtourisme. En revanche, ils peuvent y contribuer en contextualisant la réalité opérationnelle vécue sur le terrain qui doit ainsi nourrir les algorithmes et programmes qui pilotent nos smartphones au quotidien.

Comments are closed.